L’association du nom du leader de la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis, Martin Luther King avec celui de la députée du Rassemblement National, Marine Le Pen, a pu vous choquer et nous le comprenons au sein de la rédaction.
Cette “exercice” montre la démesure de la bêtise convoquée dans la frénésie outrancière du RN après la condamnation de Marine Le Pen pour avoir détourné plus de 4 millions d’euros au Parlement européen.
L’héritière de Jean-Marie Le Pen, sa fille Marine, député RN a invoqué dans son discours de justification du 6 avril, après sa condamnation, le combat pour les droits civiques de Martin Luther King. Dans sa pitoyable tentative de récupération orchestrée par Marine Le Pen lors de son meeting d’auto-réhabilitation, le 6 avril sur la place Vauban, à Paris, établissant un parallèle entre ses déboires judiciaires et le père de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, Martin Luther King, n’a pas fait rêver sa famille et les militants des droits civiques de par le monde.
Après la rhétorique sur les délires sur la “tyrannie des juges” et la démocratie “exécutée”, la leader d’extrême droite elle-même avait osé se revendiquer de l’héritage de Martin Luther King, déclarant sans trembler de la langue: “Notre combat […] sera […] un combat pacifique, un combat démocratique. Nous prendrons exemple sur Martin Luther King qui a défendu les droits civiques. […] Ce sont les droits civiques des Français aujourd’hui qui sont mis en cause”.
Une analogie faite deux jours après le 57e anniversaire de l’assassinat de Martin Luther King par un ségrégationniste blanc. En appeler à la plus grande figure de la lutte contre la ségrégation raciale quand son propre parti (fondé par des collabos et des Waffen-SS) prône depuis des décennies la discrimination d’État via la “préférence” puis la “priorité nationale”, voilà qui pouvait laisser pantois.
On peut du coup comprendre que la famille du chantre de la non-violence n’ait d’ailleurs pas apprécié cette revendication que s'est appropriée la tête de file du Rassemblement National. En effet, Martin Luther King III, le fils du pasteur afro-américain n'a pas tardé à remettre Marine Le Pen à sa place. “Cela constitue une distorsion inappropriée de l’histoire et porte atteinte aux sacrifices consentis par ceux qui se sont opposés à la haine et se sont battus pour la justice”. Dans un ton qui rappelle la légendaire dignité de sa défunte mère, Coretta Scott King, décédée le 30 janvier 2006, Martin Luther King, troisième du nom, rappelle que les efforts de son père “Ont inspiré des générations d’Américains et ouvert la voie à la création d’une société fondée sur l’unité”; ce qui ne semble pas être le cas du côté du RN.
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