Les 8 et 9 octobre 2026, la Société de Lecture de Lyon a accueilli une célébration consacrée au 120ᵉ anniversaire de la naissance de Léopold Sédar Senghor.
Organisé par l’association AFRIQUE ÉVÉNEMENTS C.I.E.L.S., ce rendez-vous a réuni intervenants, acteurs culturels et représentants institutionnels autour de la pensée, de l’œuvre littéraire et de l’héritage du premier président de la République du Sénégal. Deux journées de découverte, de débats et de transmission pour interroger l’actualité du poète président.
"À chacun son Senghor": une ouverture sous le signe de la découverte
Le jeudi 8 octobre, en ouverture du colloque, une soirée consacrée à la découverte du poète président a donné le ton de cette commémoration autour du thème "À chacun son Senghor". La rencontre a notamment permis à M. Mohamed Amara d’aborder l’approche populaire de Senghor, offrant une première lecture de cette figure majeure de l’histoire politique, littéraire et culturelle africaine. Cette intervention a ouvert un espace de réflexion sur les différentes manières de comprendre et de s’approprier l’héritage senghorien, entre mémoire collective, création poétique et engagement intellectuel à travers des lectures de textes et de poésies de l’auteur.
Riche en échanges, cette première soirée a ainsi posé les bases d’un colloque destiné à revisiter la pensée d’un homme dont l’œuvre continue de susciter débats et interrogations, bien au-delà des frontières sénégalaises.
Le consul général du Sénégal à Lyon salue le génie de Senghor
Le vendredi 9 octobre, date anniversaire de la naissance de Léopold Sédar Senghor en 1906, les travaux ont repris avec l’intervention de M. Youssoupha Ndiaye, consul général du Sénégal à Lyon, consacrée au génie de Senghor. Cette séquence s’est déroulée en présence de l’ensemble du corps consulaire accrédité à Lyon, conférant à la commémoration une dimension institutionnelle et diplomatique particulière. Elle a permis de rappeler la stature internationale de Senghor, à la fois homme d’État, poète et intellectuel, dont la pensée a profondément marqué les relations entre l’Afrique et le reste du monde. Au-delà de son parcours politique, Senghor demeure une référence pour sa défense des cultures africaines, sa contribution au mouvement de la Négritude et sa vision du dialogue des civilisations.
Un procès symbolique pour interroger l’héritage senghorien
Moment fort en début d’après-midi de cette deuxième journée, une pièce de théâtre mettant en scène un procès symbolique autour de l’héritage de Senghor a invité le public à examiner, avec recul et esprit critique, les différentes dimensions de son œuvre et de son action. À travers cette mise en scène, les participants ont pu revisiter les débats suscités par certaines de ses idées, mais aussi réfléchir à leur portée dans les sociétés contemporaines. Une manière originale de faire dialoguer les générations et de présenter Senghor non comme une figure figée dans l’histoire, mais comme un sujet vivant de réflexion et de discussion.
"Pourquoi lire Senghor en 2026"?
La réflexion s’est poursuivie avec un atelier animé par un duo complice dans la réflexion composé de messieurs Ganda Camara, représentant de la Raddho en région et du professeur Charles Kabeya, autour du thème: "Pourquoi lire Senghor en 2026"?.
Cette interrogation a placé l’œuvre senghorienne au cœur des préoccupations actuelles. Pourquoi continuer à lire ses poèmes et ses essais? Quelle place accorder aujourd’hui à sa pensée sur l’identité, l’enracinement culturel, la dignité noire et le dialogue des cultures? Comment transmettre son héritage aux jeunes générations?
Autant de questions qui soulignent l’intérêt de relire Senghor à la lumière des enjeux contemporains, dans un monde où les questions d’identité, de diversité et de coexistence entre les peuples restent essentielles.
La conférence de clôture, prononcée par M. Ndiaga DIA, est venue conclure ces deux journées de commémoration et de réflexion. À travers les différentes interventions, les échanges et les activités culturelles, cette célébration lyonnaise aura permis de mettre en perspective plusieurs facettes de Léopold Sédar Senghor: le poète, le penseur, l’homme d’État et le défenseur du dialogue entre les cultures.
Organisé par AFRIQUE ÉVÉNEMENTS C.I.E.L.S., avec le concours de ses partenaires, ce colloque a également rappelé le rôle essentiel des associations et de la diaspora dans la transmission du patrimoine intellectuel et culturel sénégalais. Le choix de Lyon, ville de rencontres et d’échanges, donne une dimension particulière à cet hommage. Bacary Goudiaby, écrivain, journaliste et Président d’AFRIQUE ÉVÉNEMENTS C.I.E.L.S., a dans son discours affirmé la volonté de l’organisation de faire de la mémoire du président poète un espace de réflexion sur les relations entre l’Afrique et l’Europe, la diversité culturelle et la place des Cent vingt ans après sa naissance, Senghor continue de questionner, d’inspirer et de rassembler. À Lyon, cette commémoration a montré que son héritage ne relève pas seulement du passé: il constitue aussi une matière vivante pour penser le présent et construire l’avenir.
Correspondance
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