Après l’attaque raciste survenue à Trappes, le rassemblement organisé à Vénissieux porte un message clair: face au racisme, nous ne nous tairons pas!
Le rassemblement organisé à Vénissieux, le 26 octobre, à la suite de l’attaque raciste survenue à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, est venu rappeler une exigence fondamentale: nous ne pouvons ni accepter ni banaliser le racisme et les violences qu’il engendre.
Quand des personnes sont prises pour cible en raison de leur origine, de leur couleur de peau ou de leur religion supposée, c’est notre humanité commune qui est attaquée. Quand la haine se transforme en violence, ce sont les principes mêmes d’égalité, de liberté et de fraternité qui sont bafoués. Face à cette réalité, le silence n’est pas une option. L’indignation doit se transformer en mobilisation, et la solidarité doit devenir une force collective.
Le racisme n’est pas une opinion: c’est une violence qui détruit des vies
L’attaque de Trappes nous rappelle brutalement que le racisme n’est ni une abstraction ni un simple désaccord d’idées. Il peut humilier, exclure, blesser et tuer. Derrière chaque acte raciste, il y a des personnes, des familles et des vies bouleversées.
Pendant la cérémonie, sur les visages dignes, des paroles déterminées brisent le profond silence du recueillement. Un responsable d’association lâche une parole dans un soupire: "Nous refusons que ces violences soient reléguées au rang de faits divers", tout en fixant le jeune élu qui finissait son discours. Ou encore "Nous refusons que des femmes et des hommes vivent dans la peur parce que leur apparence, leur nom ou leur origine supposée les désignent comme des cibles", laisse éclater cette dame tenant le bras de sa petite fille.
Il est urgent de combattre toutes les formes de racisme, qu’elles s’expriment dans la rue, au travail, à l’école, dans l’accès au logement ou dans les discours publics. La banalisation des préjugés nourrit les discriminations et contribue à installer un climat dans lequel la haine peut se développer.
À Vénissieux, une réponse collective à la haine.
En se rassemblant su l'esplanade de la mairie à Vénissieux comme dans d’autres communes de la métropole lyonnaise, (Villeurbanne, Vaulx-en-Velin et Lyon), les participants ont voulu exprimer leur solidarité avec les victimes, leurs proches et toutes celles et ceux que ces violences inquiètent ou révoltent. Cette mobilisation porte une conviction essentielle: celle de ne pas laisser la haine opposer les habitants, diviser les quartiers et fragiliser le vivre-ensemble. La diversité de la société française n’est pas une menace. Elle est une réalité humaine qu’il appartient de faire vivre dans le respect, l’égalité et la dignité. Personne ne devrait avoir à justifier sa présence, son identité ou ses origines pour être reconnu comme un citoyen à part entière.
Mais la fraternité ne peut pas se limiter aux discours. Elle exige des actes, une volonté politique et une mobilisation durable contre les discriminations. Elle suppose également de soutenir les victimes, de faire respecter le droit et de combattre les mécanismes qui permettent au racisme de perdurer.
Ne pas subir, ne pas se taire, agir ensemble
Ce rassemblement ne doit pas être un simple moment d’émotion, avant que chacun retourne à ses occupations comme si rien ne s’était passé. Il doit être un point d’appui pour renforcer la lutte contre le racisme et toutes les formes de discrimination. Il appartient aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités, de garantir la protection de toutes et tous et de faire en sorte que les actes racistes soient combattus avec détermination. Il appartient également à chacune et chacun de refuser les propos haineux, de dénoncer les discriminations et de défendre celles et ceux qui en sont victimes. Rester vigilants face aux discours qui désignent des populations comme responsables de tous les maux, qui opposent les citoyens entre eux ou qui cherchent à rendre certaines formes de haine acceptables. La dignité humaine ne se négocie pas. L'égalité des droits ne se divise pas.
Faire vivre la solidarité, défendre l’égalité
Dans l'ensemble des villes de la métropole lyonnaise, à Vénissieux comme à Trappes, à La Verrière et partout ailleurs, le combat contre le racisme concerne toute la société. Il ne peut reposer uniquement sur les personnes qui en sont victimes. C’est une responsabilité collective, un combat pour la justice et pour l’avenir qui doit se construire ensemble.
Au moment de rédiger ces dernières lignes, nos pensées vont vers les victimes et leurs proches à qui nous adressons notre solidarité. Nous affirmons notre soutien à toutes celles et ceux qui refusent les discriminations et se mobilisent pour une société plus juste. Face au racisme, nous choisissons la solidarité. Face à la haine, nous choisissons la fraternité. Face à l’injustice, nous choisissons la mobilisation.
Parce qu’aucune origine ne justifie la haine, parce qu’aucune différence ne justifie la violence, nous devons continuer à faire entendre notre voix pour que le racisme ne devienne jamais une fatalité. Le silence ne doit jamais devenir une habitude.
Bacary Arendoor Samaté
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