Festival Kawral: Mettre en évidence la vitalité et la richesse de l'expression plurielle.

La première édition du festival Kawral, qui s’est tenu le samedi 2 mai, a rencontré un franc succès, confirmant son importance pour son implantation croissante dans le paysage culturel de Lyon et son agglomération.

Une expression plurielle au service du "vivre ensemble".

Co-organisé par le collectif SOPE et l’association PRIORITE ENFANCE dans une ambiance conviviale et festive, l’événement a rassemblé un large public venu célébrer la diversité culturelle, la musique, les traditions et la réflexion autour de thème qui concerne les communautés d’origines africaines dans leur existence dans l’exil. Dès les premières heures de l’après-midi, les festivaliers ont afflué autour d’un parade culturelle dans les rues de Villeurbanne depuis le parvis de la mairie.

Concerts, débats, danses traditionnelles, expositions artisanales et animations ont rythmé cette après-midi exceptionnelle. Les artistes, venus d’horizons divers, ont offert des prestations de grande qualité, saluées par des applaudissements enthousiastes. Les espaces aménagés pour les exposions et de ventes d’articles d’origines africaines et l’accueil ont contribué à créer un cadre agréable, propice aux échanges et à la découverte. Aussi, l’équipe chargée de la gastronomie a permis aux visiteurs de savourer des spécialités d’Afrique, ajoutant une dimension culinaire à l’événement.

Dans le cadre du festival Kawral, la table ronde consacrée à "La littérature africaine diasporique: entre continuité, rupture et quête du sens" a constitué l’un des moments forts de cette édition. Réunissant écrivains, universitaires et passionnés de littérature, cette rencontre a offert un espace de réflexion riche autour des dynamiques qui traversent les œuvres issues de la diaspora africaine. Le panel composé du modérateur, Bacary Goudiaby, journaliste et écrivain, de Mme Kady Baldé, conférencière, coach professionnelle certifiée en transition de vie et de carrières, formatrice et consultante en mobilité professionnelle et jeune écrivaine et de Hady Moulkhaïry Boussou Tall, docteur en littérature comparée, spécialisée en littérature africaine et civilisation orale, maître en administration publique option administration internationale, Professeure de Lettres modernes au lycée Robert Doisneau et Présidente fondatrice  de l’association "Priorité Enfance", co-organisatrice du festival, ont souligné que cette redéfinition passe souvent par une écriture fragmentée, plurilingue et inventive, capable de traduire la complexité des parcours diasporiques.

La littérature africaine diasporique dans un contexte marqué par l’intensification des circulations globales.

Dans un contexte marqué par l’intensification des circulations globales, la littérature africaine diasporique s’impose aujourd’hui comme un espace privilégié de réflexion sur les notions d’identité, d’appartenance et de mémoire. À la croisée des cultures et des territoires, elle donne à voir des trajectoires multiples, façonnées par l’exil, la migration et les recompositions sociales contemporaines.

C’est autour de ces enjeux qu’a été organisée une table ronde marquante, réunissant écrivains, chercheurs et professionnels du livre. Ensemble, ils ont exploré les dynamiques qui structurent cette littérature en constante évolution, où se mêlent fidélité aux héritages culturels et invention de nouvelles formes d’expression. Les échanges ont mis en lumière la manière dont les auteurs diasporiques puisent dans leurs racines tout en s’ouvrant à d’autres influences, créant ainsi des œuvres hybrides, à la fois ancrées et en mouvement. Au cœur des discussions, la question du “chez soi” a occupé une place centrale. Loin d’être une notion figée, elle apparaît comme un espace en redéfinition permanente, nourri par les expériences de déplacement et de rencontre.

Besoin de de clarification.

La table ronde a également permis d’interroger les tensions fécondes entre continuité et rupture. D’un côté, la continuité se manifeste par la transmission des mémoires, des traditions et des imaginaires hérités. De l’autre, la rupture s’exprime dans la nécessité de se réinventer face à de nouveaux contextes culturels et sociaux. Entre ces deux pôles, la quête du sens apparaît comme un moteur essentiel de la création littéraire, poussant les auteurs à questionner leur place dans le monde et à construire de nouveaux récits.

Les perspectives croisées des intervenants ont enrichi le débat, offrant au public une lecture nuancée et plurielle de ces problématiques. Cette rencontre a ainsi confirmé le rôle central de la littérature diasporique dans la compréhension des enjeux contemporains, tout en soulignant sa capacité à ouvrir des espaces de dialogue et de réflexion.

En définitive, cette table ronde a mis en évidence la vitalité d’une littérature en perpétuel mouvement, qui, loin de se limiter à une simple expression de l’exil, constitue un véritable laboratoire de pensée sur les identités et les appartenances dans un monde globalisé.

Au-delà de l’aspect festif, le festival Kawral a su mettre en avant des valeurs culturelle Puulaar, thème de cette première édition à travers le partage, la tolérance et le vivre-ensemble. Il a également offert une plateforme d’expression de nouvelles initiatives comme l’alphabet "Adlam", aux talents locaux tout en favorisant les rencontres interculturelles.

 

Le festival Kawral s’impose ainsi comme un rendez-vous incontournable, appelé à grandir et à rayonner davantage dans les années à venir. Cette rencontre a mis en évidence la vitalité et la richesse de la littérature africaine diasporique, tout en soulignant son rôle essentiel dans la compréhension des enjeux contemporains liés à l’identité, à la migration et à la mémoire. Une contribution intellectuelle majeure qui s’inscrit pleinement dans l’esprit du festival Kawral, dédié au dialogue, à la diversité et à la valorisation des cultures.

Bacary Goudiaby

Ajouter un commentaire

Commentaires

Bousso
il y a 2 heures

Merci, monsieur Goudiaby pour la qualité de votre travail.

BALDE Kady
il y a une heure

Pour recevoir la newsletter

BALDE Kady
il y a une heure

Merci pour ce bel article M. Goudiaby